Entretien 2004 n°9 - Aurore JEUDY
 

Aurore JEUDY
Née le 8 Octobre 1983 à Belfort
Réside à Saint Germain Le Châtelet
Clubs successifs : Club Cycliste d'Etupes (1999-2003), Charvieu-Chavagneux Isère Cyclisme (2004)
Groupes sportifs : Next125 (2003)

Résultats 2004 (au 10 juin 2004)
5e du Prix de St Martin d'Hères
6e du Prix de Curtil
8e du Championnat Intérrégion Sud Est à Port de Bouc
10e du Tour du Val d'Ardoux
10e du Prix de Neuville les Dames
14e du Circuit National Féminin (Coupe de France)
15e du Grand Prix de Chambéry (Nationale)
15e de Chateauroux St Amand (Nationale)
15e de St Amand-Chateauroux (Nationale)
15e du Prix du Mont Pujols (Coupe de France)
18e de Cholet Pays de Loire (Coupe de France)
18e du Classement provisoire de la Coupe de France

Palmarès (extraits)
Route
1ère de la Coupe de Suisse, classement élites étrangères (2003), 1ère du Championnat de Franche-Comté (élites 2002, juniors 2000, cadettes 1998, minimes 1997), 1ère du Championnat du Grand Est junior (2001), 1ère de la Région Cup (juniors 2000), 1ère de la Semaine Cantalienne (juniors 2000), 1ère du Tour du Sud-Dauphiné (juniors 2000), 2e du Challenge de l'Est juniors (2001), 2e du Championnat de Franche-Comté (cadettes 1999), 3e du Challenge de l'Est espoirs (2002),
10e de la Régio Cup (2002)
Championnats de France : 7e du Championnat de France espoir (2002), 10e du Championnat de France juniors (2001) (chutes de 1998 à 2001
Championnats de France UNSS : 1ère du Championnat de France juniors de VTT par équipes (2000)
Coupes du Monde : Participation la Primavera Rosa (2003), à l'Amstel Gold Race (2003), à la Flèche Wallonne (2003)
Piste
Championne de Franche-Comté (cadettes 1999, cadettes 1998)

Vélo Féminin Online : Bonjour Aurore. Sous tes nouvelles couleurs, tu réussis un début de saison très honorable, souvent placée, toujours dans le coup. La forme est là ?
Aurore Jeudy : Bonjour ! Ca va, je suis plutôt satisfaite. Pourtant, ma saison avait vraiment mal commencé puisque je me suis fait renverser par une voiture, début mars. Mais mon entraînement hivernal porte ses fruits. Maintenant, il faudrait que je prenne confiance en moi !
VFO : L’an passé, tu avais intégré un Groupe Sportif suisse reconnu par l’UCI, Next125, mais ce fut presque une saison blanche côtés résultats, non ? Quelle analyse en fais-tu ?
AJ : Au début de l'année, c'était mon rêve qui se réalisait. En plus, j'étais en forme? Mais par la suite, le rêve s'est transformé en cauchemar… J'étais la seule étrangère, la plus jeune et la mentalité suisse-allemande est terrible !... Il fallait des résultats à tout prix. Ils s'occupaient de nos entraînements (18 à 25h par semaine), et à partir de là, je suis devenue une zombie. Je passais mon temps sur le vélo, fatiguée, affaiblie et moralement à bout. Mais ils ne l'ont pas compris. Avec le recul, c'est clair que, malgré tout, c'était une belle expérience, autant humaine que sportive, mais à 19ans, c'était peut être un peu tôt pour moi.
VFO : Pourtant, en 2002, les observateurs auront remarqué que tu suivais une progression intéressante. C’est ce qui avait motivé les responsables de Next125 à te donner une chance de te confronter au haut niveau ?
AJ : En 2002, j'étais vraiment contente de ma saison. Ce que je regrette, c'est de n'avoir pas pu participer aux manches de la Coupe de France. Mais je me suis exilée à plusieurs reprises du côté germanique et c'est comme cela que Next125 m'a rencontré, lors de la Régio Cup notamment, épreuve internationale, où je me classe 10ème en ayant fait une longue échappée avec des filles de l'Equipe Nationale d'Allemagne.
VFO : Malgré tout, quel souvenir conserves-tu de cette expérience du haut niveau, des manches de Coupe du Monde, etc. ? Penses-tu que ce sera pour toi une expérience utile pour l’avenir ?
AJ : Au départ de mes toutes premières courses, j'avais des frissons, surtout lors de ma 1ère manche de Coupe Du Monde, Milan San Remo : je côtoyais les meilleures mondiales pour la première fois ! C'était grandiose ! En plus, l'organisation était enfin à l'égal des mecs ; pour une fois, on n'avait rien à leur envier ! Je pense que, si on veut vraiment progresser, il faut passer par là, car, franchement, une 50e place sur une épreuve internationale vaut peut être beaucoup plus qu'une victoire dans nos régions !
VFO : Justement, comment vois-tu cet avenir dans le cyclisme ?
AJ : Oh mon avenir... Refaire mes classes en France, continuer à progresser, essayer d'intégrer l'Equipe de France Espoir, et pourquoi pas retenter ma chance chez les pros dans quelques années. J'aimais bien mon rôle d'équipière ! Mais ce qui est sûr, plus jamais, jamais, jamais en Suisse allemande !
VFO : Pour poursuivre sur l’avenir, en dehors du vélo, quelles sont tes activités ? As-tu poursuivi certaines études ?
AJ : Après mon bac, j'ai arrêté car le contrat avec Next125 s'est présenté. J'étais tout le temps à l'étranger, ça aurait été trop galère. Mais je pense reprendre... Actuellement, je travaille comme comptable à temps partiel.
VFO : D’après toi : tu es française et tu as connu une expérience dans un groupe sportif suisse qui progresse d’année en année dans la hiérarchie mondiale depuis 2001 ; pourquoi cette absence de groupes sportifs en France ? Qu’est ce qui fait que d’autres pays européens en disposent, et notamment la Suisse, et que ce soit le vide en France depuis deux ans ?
AJ : Je pense que le problème provient essentiellement de la mentalité française, un peu trop macho à mon goût, mais également à cause de préjugés mal fondés. J'enrage quand j'entends dire "les courses de filles sont ennuyantes", "pas de haut niveau", etc. Que ces gens viennent voir et jugent ensuite par eux même… Et les médias... Là, c'est pas gagné !!! Ils ne connaissent que Jeannie Longo. Je la respecte totalement, mais ils se permettent de dire qu'il n'y a pas de relève. Il faudrait peut-être déjà parler autant, par exemple, du titre de Championne d'Europe de Virginie Moinard, ou, dernièrement, de la victoire à la Flèche Wallone de Sonia Huguet, avant de tirer des conclusions hâtives. Heureusement qu'il y a encore des gens qui nous défendent ; d'ailleurs, merci à VFO. Pour réagir à ce vide, il faudrait vraiment un gros sponsor qui nous soutienne et se fasse entendre par les médias ; pourquoi pas les Pruneaux d'Agen ???
VFO : Cette année, tu portes le maillot du Charvieu Chavagneux Isère Cyclisme, où tu fais équipe notamment avec Blandine Camus. Tu étais auparavant au CC Etupes. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ? Un isolement au sein de ton ancien club ou de ton comité ? Pourtant, cette saison, on remarque qu’une petite équipe féminine a été mise en place en Franche-Comté au sein du VCC Morteau Montbenoît ?
AJ : Le maillot du CC Etupes devenait très dur à porter ! Et l'image du club ne représentait pas mon éthique sportive. Plus clairement, j'avais besoin de changer d'atmosphère et de m'entourer de gens sains. Je pense que je n'ai pas les mêmes objectifs que les filles de Morteau. La situation du Comité de Franche-Comté est catastrophique, voire lamentable, au niveau féminin. Pas une seule sélection n'est organisée ; même pour les France, il faut se déplacer par ses propres moyens, et à nos frais. Aucune reconnaissance, rien...
VFO : C’est un changement de couleurs, mais tu connaissais déjà les courses en Rhône-Alpes pour avoir déjà participé à pas mal d’entre elles. Que penses-tu du niveau en Rhône-Alpes par rapport au niveau national ?
AJ : Le niveau en Rhône-Alpes est un des plus élevés en France, je pense. Jeannie Longo est souvent présente, c'est intéressant. Et le calendrier des courses est pas mal fourni.
VFO : Désormais, comment t’entraînes-tu ? Tu t’appuies sur l’aide d’un entraîneur ?
AJ : Je reprends du plaisir à m'entraîner. Je roule quasiment tous les jours. En plus je suis bien entourée, et géographiquement, je suis située aux pieds des montagnes, du Ballon d'Alsace notamment. Et c'est selon les sensations. Je suis suivie par un entraîneur, mon père ! On est un bon binôme et je commence à suffisamment me connaître pour m'autogérer. Disons que je ne fais pas la course à l'entraînement.
VFO : Mais au fait, comment es-tu venue au vélo ? Combien d’années cela fait-il que tu fais de la compétition ?
AJ : Je suis d'une famille très sportive. Mon père faisait du judo à haut niveau et ma maman faisait du football. Après avoir testé pas mal de sports (tennis, natation, etc.), j'ai tenté le vélo. J'ai débuté vers l'âge de 7 ans en FSGT (je gagnais devant les garçons), puis on m'a conseillé la FFC. Au début, je me prenais des claques, mais ça fait du bien pour progresser.

Propos recueillis par Christophe Podevin, mai 2004
Merci à Aurore Jeudy pour sa participation.


2ème des Championnats du Monde
de cyclo-cross 2004 à Pontchateau


2ème des Championnats du Monde
de cyclo-cross 2004 à Pontchateau


2ème des Championnats du Monde
de cyclo-cross 2004 à Pontchateau


2ème des Championnats du Monde
de cyclo-cross 2004 à Pontchateau


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de cyclo-cross 2004 à Pontchateau


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de cyclo-cross 2004 à Pontchateau

Photos Christophe Podevin